On ne s’en rend pas toujours compte, mais un spectacle comme les nôtres, ça se prépare des mois à l’avance. Et c’est peut-être là que la magie commence vraiment — dans les ateliers.
À Sermages, dans les salles communales, on se retrouve régulièrement pour coudre des costumes d’époque, fabriquer des décors en bois peint, répéter des scènes. Ce n’est pas toujours simple : il faut ajuster un uniforme de Poilu qui tombe mal, repeindre une silhouette parce que les proportions ne collent pas, recommencer un passage de texte pour la troisième fois.
Chacun apporte ce qu’il sait faire
C’est ça qui est beau dans cette aventure. On a des couturières qui n’avaient jamais touché un patron de costume du XIXe siècle. Des menuisiers qui découvrent qu’ils savent aussi peindre. Des gens qui n’avaient jamais mis les pieds sur une scène et qui se retrouvent à jouer devant 300 personnes.
Pour « Edmond G. », la chorale a enregistré des chansons de 14-18. Certains se souviennent encore de l’émotion dans le studio ce jour-là. Pour « L’Étang des Légendes », il a fallu imaginer une vouivre grandeur nature — pas évident quand on travaille avec du grillage et du papier mâché dans un garage.
Jean-Pierre Chauvet, notre metteur en scène, guide tout ce petit monde avec patience. Les répétitions sont longues parfois, mais on finit toujours par un casse-croûte. C’est comme ça que ça marche chez nous.
Les ateliers sont ouverts à tous. Pas besoin de savoir jouer la comédie ou de maîtriser la couture. Il suffit d’avoir envie de participer.

